Pourquoi mon adolescent a-t-il encore autant de difficultés à écrire? Comprendre la dysorthographie

Pourquoi mon adolescent a-t-il encore autant de difficultés à écrire? Comprendre la dysorthographie juillet 24, 2026 Gianna Métellus, orthophoniste DansGianna Métellus, orthophoniste, Orthophonie et aprrentissages, Orthophonie et inclusion, Orthophonie: secondaire, cégep, adultes Adolescente en train d’écrire. Est-elle dysorthographique? Votre adolescent fait encore beaucoup de fautes lorsqu’il écrit? Votre jeune adulte éprouve toujours des difficultés en écriture malgré toutes les années passées à l’école? Si c’est le cas, vous vous demandez peut-être pourquoi ces difficultés persistent. Parmi les explications possibles, il y a la dysorthographie. En tant qu’orthophoniste, c’est un diagnostic que je pose régulièrement lors de mes évaluations. Pourtant, il demeure encore peu connu du grand public. Dans cet article, je vous explique ce qu’est la dysorthographie, comment elle peut se manifester chez un adolescent ou un jeune adulte et pourquoi ces difficultés persistent dans le temps. Qu’est-ce que la dysorthographie? La dysorthographie est un trouble de l’apprentissage de l’écriture. Autrement dit, la personne éprouve des difficultés à apprendre à bien écrire Attention : il ne s’agit pas d’une difficulté qui dure quelques mois, ou même quelques années, puis qui finit par disparaître. Ce n’est pas une situation où, après un certain temps, on apprend à lire et à écrire comme les autres. C’est peut-être pour cette raison que votre adolescent ou votre jeune adulte a encore de la difficulté à écrire aujourd’hui. Dysorthographie ou apprentissage d’une deuxième langue? Une question revient souvent, particulièrement chez les familles immigrantes ou les jeunes multilingues. Les difficultés sont-elles liées à l’apprentissage d’une deuxième langue ou à une dysorthographie? Les études sont très claires : en ce qui concerne les troubles d’apprentissage, les troubles du langage, les jeunes bilingues et multilingues sont à la fois sous-diagnostiqués et surdiagnostiqués. Autrement dit, certains jeunes reçoivent à tort un diagnostic, alors que leurs difficultés sont simplement liées à l’apprentissage d’une deuxième langue. À l’inverse, d’autres présentent réellement une dysorthographie, mais leur trouble passe inaperçu parce que leurs difficultés sont attribuées au fait qu’ils apprennent le français. Les deux situations existent. Alors, comment faire la différence? Ce n’est pas simple. Par contre, il existe plusieurs questions qui peuvent nous orienter. Par exemple : La langue dans laquelle le jeune est scolarisé est-elle aussi la langue qu’il maîtrise le mieux? Les difficultés étaient-elles déjà présentes lorsqu’il était plus jeune, y compris dans son pays d’origine? Ces questions peuvent être utiles aux parents, aux enseignants et aux autres intervenants pour mieux comprendre la situation. Elles permettent d’orienter la réflexion et d’aider à déterminer si le jeune pourrait bénéficier d’une évaluation en orthophonie pour mieux comprendre la nature de ses difficultés, faire la part des choses entre un trouble d’apprentissage et les effets de l’apprentissage d’une deuxième langue, puis mettre en place le soutien le plus adapté à sa situation. Ce que la dysorthographie n’est pas La dysorthographie n’est pas un manque d’efforts, de motivation ou d’attention. Ce n’est pas de la paresse. Et ce n’est pas, à elle seule, une conséquence de l’apprentissage d’une deuxième langue. Il peut y avoir des erreurs d’orthographes et des difficultés à écrire quand on apprend une deuxième langue. En général, elles sont différentes des erreurs et difficultés qui sont en lien avec une dysorthographie. Quelles peuvent être les conséquences de la dysorthographie? Lorsque les difficultés d’écriture persistent pendant plusieurs années, elles peuvent avoir des répercussions importantes. Je pense à ces adolescents et à ces jeunes adultes qui ont faits plusieurs essais pour réussir. Ils ont repris des examens. Ils ont suivi plusieurs cours d’été. Ils ont reçu du tutorat. Parfois, lorsqu’ils étaient plus jeunes, ils ont également reçu des services en orthophonie ou en orthopédagogie. Malgré tous ces efforts, certains ne réussissent pas un cours essentiel et n’obtiennent pas leur diplôme du secondaire ou leur diplôme du cégep. D’autres réussissent tout de même leurs cours. Ils obtiennent 60 % ou 65 %. Mais cette réussite vient souvent avec énormément d’efforts. Les efforts que j’observe le plus souvent sont les suivants : chercher constamment dans le dictionnaire; avoir besoin de plus de temps pour écrire; recevoir du tutorat; écrire les mots plusieurs fois pour tenter de les mémoriser. Tous ces efforts permettent parfois au jeune de réussir. La dysorthographie disparaît-elle avec le temps? Mais est-ce que cela veut dire que les difficultés ont disparu? Si l’on parle de dysorthographie, la réponse est non. Les difficultés d’écriture sont toujours présentes. Cette réussite est souvent obtenue au prix d’un grand effort, qui s’accompagne parfois de beaucoup de stress. Zones du cerveau responsables du langage. Source: https://www.merckmanuals.com/fr-ca/professional/p%C3%A9diatrie/troubles-du-d%C3%A9veloppement-et-des-apprentissages/dyslexie#%C3%89tiologie_v8399088_fr La composante génétique de la dysorthographie Lors de l’évaluation en orthophonie, je pose également des questions sur les antécédents familiaux. Par exemple : Est-ce qu’un parent présentait des difficultés semblables? Est-ce qu’un frère ou une sœur a eu des difficultés à l’école? Est-ce que d’autres membres de la famille ont reçu un diagnostic de trouble d’apprentissage ou de trouble du langage? Il est fréquent que l’on retrouve des difficultés semblables chez plusieurs membres d’une même famille. On sait aujourd’hui que la dysorthographie comporte une composante génétique. Elle est également liée à des particularités dans le fonctionnement de certaines régions du cerveau impliquées dans le langage. La dysorthographie est-elle présente dès l’enfance? La dysorthographie ne commence pas à l’adolescence. C’est un trouble qui est présent depuis l’enfance. Des signes sont aussi présents depuis la petite enfance. Un jeune enfant qui a pris plus de temps pour commencer à parler et qui se fait moins bien comprendre car il mélange les sons quand il parle? Il peut être plus à risque de présenter une dysorthographie. Cet enfant présente possiblement un trouble des sons de la parole. Lorsque je rencontre un adolescent ou un jeune adulte en évaluation, c’est pour cela que je m’intéresse toujours à son développement lorsqu’il était plus jeune. Attention, cela ne veut pas dire que tous les enfants qui présentent des difficultés avec les sons de la parole ou qui commencent à parler plus tard qui développeront une dysorthographie. Cela dépend, entre autres, de l’origine de ces difficultés. Par
Quand les outils ne suffisent plus : pourquoi certains jeunes peinent-ils à réussir au cégep?

Quand les outils ne suffisent pas : Pourquoi certains jeunes peinent-ils à réussir au cégep (même avec des accommodements) ? novembre 20, 2025 Gianna Métellus, orthophoniste DansGianna Métellus, orthophoniste, Orthophonie et aprrentissages, Orthophonie: secondaire, cégep, adultes Étudiante du cégep en train d’étudier. « Je ne comprends pas. Il s’est quand même débrouillé au secondaire. Pourquoi ça bloque maintenant ? » « Je ne comprends pas. Mon jeune est rendu au cégep. Il s’est débrouillé au secondaire. Au cégep, il a ses outils, mais ça ne va pas. Ce n’est pas assez. À cause de ça, je ne sais pas s’il va réussir ses cours.» Même avec des outils technologiques et des accommodements, plusieurs jeunes rencontrent quand même un mur au cégep ou à l’université. Les outils et les adaptations sont importants, mais ce n’est pas le seul élément qui influence la réussite scolaire lorsqu’un jeune a un trouble d’apprentissage, un trouble développemental du langage, ou un autre diagnostic, comme le TDAH ou l’autisme. Il existe un autre facteur dont on parle beaucoup trop peu. Le self-advocacy (la capacité de défendre ses propres besoins) Le self-advocacy n’a pas d’équivalent simple en français. J’utiliserai donc le terme anglophone en italique, parce qu’il exprime cette idée d’être capable d’expliquer ses besoins, nommer ses difficultés, demander de l’aide et de défendre ses propres intérêts. Et lorsqu’il y a un trouble du langage ou un trouble d’apprentissage, le self-advocacy devient encore plus important, mais aussi plus difficile. Pourquoi parler de self-advocacy? Parce que ces difficultés langagières et d’apprentissage sont souvent invisibles. Elles peuvent limiter la participation pleine et entière à la vie scolaire et professionnelle. Elles peuvent compliquer l’obtention d’un diplôme, l’accès à un emploi ou la capacité de garder cet emploi. Quand l’enfant est jeune, ce sont les parents (souvent la maman) qui défendent ses intérêts. Mais plus le jeune vieillit, plus cette responsabilité lui revient. Ce que le self-advocacy implique concrètement Dans le contexte d’un trouble d’apprentissage ou d’un trouble du langage, la self-advocacy signifie être capable de: expliquer ses difficultés à quelqu’un avoir une conversation avec un enseignant au sujet de ses besoins écrire un courriel clair pour demander de l’aide nommer précisément les adaptations nécessaires en classe Même pour un adulte, défendre ses intérêts peut être difficile. Imaginez maintenant un jeune (même adulte !) dont le cerveau est encore en pleine maturation. Puis imaginez ce même jeune avec des difficultés à s’exprimer à l’oral ou à l’écrit. Ces défis peuvent l’empêcher de demander de l’aide lorsque nécessaire, en classe par exemple, et ainsi l’empêcher d’obtenir les mesures dont il a besoin en raison de ses difficultés. Vous voyez maintenant le cercle vicieux ? Souvent, les intervenants scolaires ne réalisent pas à quel point ça peut être complexe pour ce jeune d’exprimer ses besoins. « Débrouille-toi » ne suffit pas. Un des grands défis est également de reconnaître quand on a besoin d’aide et de savoir comment le dire clairement. Pour savoir comment organiser sa pensée, structurer ses besoins, savoir à qui parler et comment formuler sa demande, beaucoup de jeunes ont besoin d’accompagnement. C’est une réalité importante à avoir en tête comme parent ou comme intervenant. Comment soutenir son jeune (du préscolaire jusqu’au cégep) Au préscolaire et au primaire, ce rôle revient surtout au parent. Mais on peut déjà impliquer le jeune en parlant avec lui avec des mots simples et adaptés. Par exemple : « Moi, c’est plus facile d’apprendre quand on m’explique avec d’autres mots. J’ai aussi besoin qu’on me répète souvent la même information. Papa lui, a besoin qu’on lui montre une image, du visuel. Et toi ? Oui, c’est vrai, ça t’aide quand on te lit la question et quand on t’explique avec des images aussi. » Au secondaire et au cégep, le jeune doit progressivement prendre la relève: Comprendre ses besoins. Savoir à qui demander de l’aide. Savoir comment organiser un message, écrire un courriel, ou aborder un enseignant. Il est possible de l’accompagner pour acquérir ces habiletés. Le rôle de l’évaluation en orthophonie dans tout ça Dans mes évaluations en orthophonie, incluant celles destinées aux jeunes du secondaire, du cégep ou de l’université, j’aborde la question de la self-advocacy lorsque c’est pertinent. Comprendre ses forces, ses défis, et nommer clairement ses besoins peut faire partie des recommandations que je propose. Et pour certains jeunes, un accompagnement supplémentaire peut être offert spécifiquement sur ce sujet. En conclusion La réussite scolaire ne repose pas uniquement sur les outils technologiques ou les accommodements. Elle repose aussi sur la capacité du jeune à comprendre ses besoins, à les nommer et à les défendre. Et ça, ce n’est pas inné. C’est quelque chose qui se développe, qui s’apprend et pour lequel on peut recevoir de l’accompagnement. Découvrez comment se déroule une évaluation chez Gianna Métellus Orthophonie En savoir plus Références Services d’évaluation Self-Advocacy Education Understanding Self-Advocacy À propos de Gianna Métellus Orthophoniste depuis plus de 13 ans, j’aide les enfants, les adolescents et les adultes à mieux comprendre les difficultés qui touchent le langage, la communication, la lecture et l’écriture. Je réalise des évaluations orthophoniques et j’offre également des formations, des ateliers et des conférences destinés aux parents et aux intervenants. À travers ce blogue, je partage des informations fiables, pratiques et fondées sur les données probantes afin de rendre l’orthophonie plus accessible. Catégories populaires Gianna Métellus, orthophonisteOrthophonie et aprrentissagesOrthophonie: secondaire, cégep, adultes Laisser un commentaire Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec * Annuler la réponse Connexion en tant que admin. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message*
L’importance du travail d’équipe en orthophonie

Quand les outils ne suffisent plus : L’importance du travail d’équipe en orthophonie octobre 29, 2025 Gianna Métellus DansAider son enfant à parler (communiquer) au quotidien, Autisme, Gianna Métellus, orthophoniste, Orthophonie et aprrentissages, Orthophonie et inclusion, Orthophonie: primaire, Orthophonie: secondaire, cégep, adultes Illustration montrant le rôle des parents, de l’orthophoniste et des intervenants dans le travail d’équipe en orthophonie. L’orthophonie, ce n’est pas une histoire individuelle C’est une collaboration entre parents, professionnels et enfant, où chaque rôle compte. Lorsque des parents me contactent pour une évaluation ou un suivi en orthophonie, ils ne savent pas toujours à quoi s’attendre. Souvent, ils imaginent une orthophoniste qui va travailler directement avec leur enfant pour l’aider à mieux parler, mieux comprendre ou mieux apprendre. Ce n’est pas complètement faux.Mais c’est loin d’être la seule partie de mon travail. Je vois mon travail d’orthophoniste comme une histoire d’équipe. Chaque famille, chaque milieu, chaque enfant forme une équipe différente. Et dans cette équipe, chacun a un rôle à jouer. Comprendre le rôle de chacun dans le travail d’équipe en orthophonie Les parents sont les capitaines. Ils connaissent leur enfant mieux que quiconque, partagent leurs inquiétudes, leurs espoirs, leurs observations. Ils transmettent aussi des informations précieuses sur les progrès et les difficultés vécues au quotidien. Un rôle essentiel de l’orthophoniste est celui de conseillère.Ses observations et analyses aident à comprendre le profil, à identifier les forces et les besoins, ainsi que les interventions et adaptations appropriées. Elle fournit des outils et des stratégies, mais surtout, elle accompagne l’équipe pour que chacun puisse les utiliser efficacement. Autour, il y a d’autres membres d’équipage : enseignants, éducateurs, intervenants, fratrie, grands-parents… Tous participent, chacun à leur façon, à soutenir le développement langagier et communicationnel de l’enfant. Le travail d’équipe commence dès l’évaluation La collaboration commence dès la toute première étape : l’évaluation. Quand j’évalue un enfant ou un jeune, je ne me contente pas de donner un diagnostic. Je dresse un portrait complet, qui permet de mieux le comprendre. Dans le plan d’intervention qui est également fourni, les stratégies, c’est-à-dire les actions quotidiennes qui lui conviennent, sont décrites. Je présente les options et les recommandations, pour que les parents puissent comprendre ce qu’ils peuvent faire pour faire une différence positive. Si le suivi se poursuit avec moi, un cadre est posé, afin de se donner le plus de moyens d’atteindre nos objectifs. Des hypothèses sont posées, des essais sont faits, des ajustements sont apportés. Cela, au rythme de l’enfant et de son entourage. Le mythe de la baguette magique en orthophonie Il existe encore cette idée que l’orthophoniste « règle » les problèmes.Que son travail est de « corriger » l’enfant, comme on répare quelque chose de brisé.Mais le langage, ce n’est pas mécanique. Dans le cadre d’un cours (en santé publique) de ma seconde maîtrise, on m’a enseigné que les troubles du langage font partie des conditions les plus complexes à traiter. On ne peut pas « guérir », les troubles du langage. Par contre, l’intervention est efficace et permet l’amélioration du langage, de la communication, des apprentissages. Ce qui soutient ces progrès, c’est une équipe engagée, mobilisée et constante dans ses efforts. Pourquoi la collaboration est essentielle Chaque année, l’équipe autour de l’enfant change.Un nouvel enseignant, un nouveau groupe, de nouveaux contextes.Et parfois, il faut tout recommencer. C’est pour cela qu’il est essentiel d’avoir une compréhension partagée des besoins de l’enfant. Quand tout le monde avance dans la même direction, avec les mêmes repères et les mêmes stratégies, cela facilite les progrès. J’espère que cet article de blogue a contribué à transformer votre vision de l’orthophonie. J’aimerais vous entendre à ce sujet! Vous pouvez vous exprimer directement dans les commentaires. À propos de Gianna Métellus Je suis orthophoniste depuis plus de 12 ans et j’ai eu la chance de travailler avec diverses clientèles dans plusieurs milieux. Une constante: mon désir de voir mes clients progresser rapidement et efficacement. Mon constat: des parents bien outillés ont un impact significatif sur la communication et le langage de leur enfant. Catégories populaires Aider son enfant à parler (communiquer) au quotidienAutismeGianna Métellus, orthophonisteOrthophonie et aprrentissagesOrthophonie et inclusionOrthophonie: primaireOrthophonie: secondaire, cégep, adultes Laisser un commentaire Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec * Annuler la réponse Connexion en tant que admin. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message*
Échec en français, malgré les efforts : comment une évaluation en orthophonie peut vous aider

Échec en français, malgré les efforts:comment une évaluation en orthophonie peut vous aider? août 4, 2025 Gianna Métellus, orthophoniste DansGianna Métellus, orthophoniste, Orthophonie et aprrentissages, Orthophonie: primaire, Orthophonie: secondaire, cégep, adultes Dyslexie, dysorthographie, trouble du langage, trouble d’apprentissage: ce n’est pas un manque d’effort. Quand les efforts ne suffisent plus: l’histoire de Farah Farah est très nerveuse. C’est aujourd’hui qu’elle reçoit son bulletin. C’est aujourd’hui qu’elle saura si elle a enfin passé son cours de français ou si c’est encore un échec. Encore un échec, car ce serait maintenant la deuxième fois qu’elle reprend le cours. Ce n’est pas parce qu’elle ne travaille pas. Elle applique les méthodes de révision et suit les consignes du mieux qu’elle peut. Pourtant, il y a toujours des fautes qui lui échappent. Ça lui demande énormément de concentration. Malgré toute cette concentration, elle ne réussit pas. C’est ce qui lui saute aux yeux lorsque, dans son écran, le E de « échec » s’affiche devant ses yeux, encore une fois. Elle est découragée. Ses parents sont déçus, découragés aussi. La conseillère pédagogique leur avait conseillé de faire une évaluation en orthophonie. Farah est peut-être dysorthographique, et c’est peut-être ça qui explique les difficultés, malgré tous les efforts. Ils ont préféré attendre. Ils se sont dit : chez nous, en travaillant fort, on est capable de réussir. Devant cette situation, ils se rendent compte qu’ils doivent essayer autre chose. Les efforts ne suffisent plus. Ils réussissent à trouver une orthophoniste qui évalue leur fille. Quand l’orthophonie permet enfin de comprendre ce qui bloque C’est ainsi que je rencontre la famille. J’écoute leur histoire, qui m’émeut. J’évalue Farah. Résultats : Farah a une dyslexie et une dysorthographie. Elle a aussi un trouble du langage oral, qui a également un impact sur ses apprentissages. J’explique à Farah les adaptations possibles et les démarches qu’elle doit faire pour y avoir accès. Enfin, l’espoir d’avoir son diplôme tant désiré. J’ai changé les détails. Par contre, cette histoire est réelle. Ce que je vous présente, c’est une histoire de cas. Pourquoi une évaluation précoce change la trajectoire scolaire Et si je vous disais qu’en petite enfance, il était possible de savoir ce qu’il allait arriver à Farah? Bon, peut-être pas de prédire son futur. Mais en tout cas, d’avoir une idée des difficultés qu’elle aurait. Et surtout, de lui offrir du soutien tout au long de sa scolarité pour aider à prévenir ses difficultés ou à s’adapter à elles. En l’aidant à développer un bon vocabulaire, en l’aidant à faire des phrases plus complexes, en renforçant ses habiletés de conscience phonémique, en travaillant les bases de la lecture et de l’écriture en concordance avec ses besoins et en lui permettant des adaptations (plus de temps à ses examens, ordinateur pour aider à écrire), Farah aurait pu apprendre plus facilement tout au long de sa scolarité Comment savoir si votre enfant devrait voir une orthophoniste? Les parents de Farah ont fait ce qu’il fallait, compte tenu des outils qu’ils avaient en tant que parents. N’ayant jamais entendu parler de dyslexie ou de dysorthographie, ce trouble qui affecte la capacité à maîtriser l’art d’écrire sans fautes (ou avec peu de fautes), comment pouvaient-ils se résoudre à enclencher ce processus d’évaluation en orthophonie? Je publie cette histoire de cas avec l’autorisation des parents de Farah, afin d’aider d’autres familles qui vivent des difficultés similaires. Jeunes enfants : développer le langage dès le début Renseignez-vous. Renseignez-vous sur les actions du quotidien efficaces qui favorisent un bon développement langagier et qui permettent de soutenir les apprentissages de manière bienveillante et efficace. Si vous ou un proche avez des inquiétudes quant au langage d’un enfant, n’attendez pas avant de consulter en orthophonie pour obtenir un portrait juste de la situation et un plan clair pour améliorer le langage. Car c’est sur le langage qu’on construit les apprentissages. Enfants du primaire : agir sans attendre Quand on constate des difficultés sur le plan de la lecture et de l’écriture, mieux vaut ne pas attendre avant de se mettre en action. Lorsque les bases de la pyramide des apprentissages sont fragiles, il est plus difficile d’apprendre des choses plus complexes. Il n’est pas nécessaire d’avoir un diagnostic pour mettre de bonnes interventions en place. Par contre, le diagnostic facilite souvent l’obtention de services et permet de préciser le plan d’intervention. Aussi, mieux comprendre ce qui se passe chez son enfant aide à se mobiliser pour sa réussite scolaire. Étudiants du secondaire ou du cégep : poser un diagnostic pour avoir accès aux bonnes ressources Si vous n’avez pas de diagnostic clair rendu au cégep, votre jeune n’aura pas droit à des adaptations (ex. : temps supplémentaire, outils technologiques comme la synthèse vocale pour la lecture ou des outils d’aide à l’orthographe). Et cela, même si votre jeune a bénéficié d’un plan d’intervention scolaire et d’adaptations tout au long de son parcours. J’espère que cet article vous aidera à y voir plus clair pour votre enfant.Si vous avez des questions ou des commentaires, écrivez-les au bas de l’article. Cela m’aidera à prévoir mes prochains sujets d’articles de blogue! À propos de Gianna Métellus Orthophoniste depuis plus de 13 ans, j’aide les enfants, les adolescents et les adultes à mieux comprendre les difficultés qui touchent le langage, la communication, la lecture et l’écriture. Je réalise des évaluations orthophoniques et j’offre également des formations, des ateliers et des conférences destinés aux parents et aux intervenants. À travers ce blogue, je partage des informations fiables, pratiques et fondées sur les données probantes afin de rendre l’orthophonie plus accessible. Catégories populaires Gianna Métellus, orthophonisteOrthophonie et aprrentissagesOrthophonie: primaireOrthophonie: secondaire, cégep, adultes Laisser un commentaire Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec * Annuler la réponse Connexion en tant que admin. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message*
Évaluation orthophonique pour des difficultés en lecture, en écriture (dyslexie / dysorthographie) : comment obtenir un diagnostic reconnu au secondaire, au cégep, à l’université ou sur le marché du travail?

Évaluation orthophonique pour des difficultés en lecture, en écriture (dyslexie et dysorthographie) Comment obtenir un diagnostic reconnu au secondaire, au cégep, à l’université ou sur le marché du travail? juillet 16, 2025 Gianna Métellus DansGianna Métellus, orthophoniste, Orthophonie et aprrentissages, Orthophonie: secondaire, cégep, adultes Tu fais beaucoup de fautes, mais on te dit que tu n’as pas droit à de l’aide? Tu as encore de la difficulté à lire ou à écrire? Tu lis, mais tu mélanges souvent des lettres. Ça te demande plus d’effort, de concentration, de temps… et parfois, tu comprends moins bien ce que tu lis. Tu avais des mesures d’aide au secondaire, comme un ordinateur ou du tiers-temps, mais, rendu au cégep ou à l’université, on te dit que tu n’y as plus droit? Souvent, c’est parce que tu n’as jamais eu de diagnostic officiel. Et même si tu es un adulte en emploi ou en formation, ces difficultés peuvent toujours avoir un impact sur ta vie quotidienne. Tu te reconnais? Il serait peut-être une bonne idée pour toi de faire une évaluation en orthophonie du langage oral et écrit, pour vérifier, entre autres, si tu présentes une dyslexie ou une dysorthographie. Ce service s’adresse autant aux élèves du secondaire qu’aux étudiants du cégep et de l’université, ainsi qu’aux adultes qui sont en emploi ou qui reprennent leurs études. Pourquoi une évaluation en orthophonie? L’orthophoniste évaluera en détail différents volets du langage oral et écrit pour mieux comprendre l’origine de tes difficultés. Ainsi, tu pourras enfin comprendre pourquoi tu vis ces défis, et également, avoir accès aux bonnes ressources. De plus, tu pourras plus facilement entreprendre les démarches pour obtenir les ressources ou les accommodements appropriés, lorsque cela est indiqué. Peut-être que tu utilises déjà un ordinateur ou du temps supplémentaire pour tes examens au secondaire, sans diagnostic officiel. Par contre, au cégep, sans un diagnostic posé par un professionnel comme l’orthophoniste, ces mesures seront refusées. Et si tu es un adulte en emploi, cela peut aussi t’aider à obtenir du soutien ou des ajustements adaptés à ta réalité. Comment se déroule une évaluation du langage oral et écrit en orthophonie? Voici comment je procède personnellement. Je récolte de l’information sur ton parcours scolaire. Cela m’aide à distinguer une difficulté temporaire (par exemple, apprendre une seconde langue) d’un trouble d’apprentissage, comme la dyslexie ou la dysorthographie. Je consulte des travaux scolaires récents (et parfois plus anciens) pour voir la nature des difficultés dans différents contextes. Je fais passer des tests ciblés, selon ton histoire et ton parcours. On évaluera ton langage oral (ce que tu comprends, ton vocabulaire, tes phrases, la manière dont tu racontes une histoire) ainsi que ton langage écrit. Tu liras et écriras des mots, des phrases, et aussi des mots inventés! Ça m’aide à bien cerner tes forces et tes défis. J’utilise des tests standardisés, c’est-à-dire des outils reconnus, avec des protocoles précis. C’est en analysant tout ça (ton parcours, l’impact des difficultés dans ta vie, tes travaux et les résultats aux tests) que je peux poser un diagnostic clair. Est-ce que le diagnostic d’une orthophoniste sera reconnu? Le rapport d’évaluation et le diagnostic, lorsqu’un trouble est confirmé, sont généralement reconnus par les établissements d’enseignement pour l’analyse des demandes d’accommodements Que tu sois au secondaire, au cégep, à l’université ou en formation pour le travail, ce diagnostic peut te suivre tout au long de ton parcours. Dans le rapport, j’émettrais des recommandations précises, par exemple : Accès à une synthèse vocale pour faciliter la lecture Utilisation d’un ordinateur avec prédicteur orthographique Temps supplémentaire pour les examens Pourquoi choisir le privé? C’est souvent difficile d’obtenir une évaluation en orthophonie dans le public, surtout au secondaire ou au cégep. Dans mon contexte de clinique privé, je m’efforce d’offrir des rendez-vous rapidement, sans les délais souvent observés dans certains milieux. Dans la majorité des situations, l’évaluation peut être réalisée en une seule rencontre. Le rapport est remis dans un délai d’environ deux semaines. Quel est le tarif pour une évaluation en orthophonie? En date de l’écriture de ce blogue, le tarif pour une évaluation du langage oral et écrit (pour les élèves du secondaire, les étudiants du cégep, les universitaires ou les adultes) chez Gianna Métellus Orthophonie est de 1200$, payable en 4 versements. Certaines assurances privées remboursent une partie des frais. Le mieux est de vérifier avec ta compagnie pour connaître ta couverture. Tu veux savoir si une évaluation en orthophonie est pertinente pour toi? Si tu veux plus d’informations sur mes services d’évaluation pour les jeunes du secondaire, du cégep, de l’université ou pour tout autre adulte, c’est par ici: https://orthophoniegm.ca/evaluation-orthophonie-adolescent-jeune-adulte/evaluation-orthophonie-adulte/ À propos de Gianna Métellus Orthophoniste depuis plus de 13 ans, j’aide les enfants, les adolescents et les adultes à mieux comprendre les difficultés qui touchent le langage, la communication, la lecture et l’écriture. Je réalise des évaluations orthophoniques et j’offre également des formations, des ateliers et des conférences destinés aux parents et aux intervenants. À travers ce blogue, je partage des informations fiables, pratiques et fondées sur les données probantes afin de rendre l’orthophonie plus accessible. Catégories populaires Gianna Métellus, orthophonisteOrthophonie et aprrentissagesOrthophonie: secondaire, cégep, adultes Laisser un commentaire Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. 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