Pourquoi mon adolescent a-t-il encore autant de difficultés à écrire?
Comprendre la dysorthographie
Gianna Métellus, orthophoniste
À propos de l’autrice
Orthophoniste depuis plus de 13 ans, j’aide les enfants, les adolescents et les adultes à mieux comprendre les difficultés qui touchent le langage, la communication, la lecture et l’écriture.
Je réalise des évaluations orthophoniques et j’offre également des formations, des ateliers et des conférences destinés aux parents et aux intervenants.
À travers ce blogue, je partage des informations fiables, pratiques et fondées sur les données probantes afin de rendre l’orthophonie plus accessible.
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Votre adolescent fait encore beaucoup de fautes lorsqu’il écrit?
Votre jeune adulte éprouve toujours des difficultés en écriture malgré toutes les années passées à l’école?
Si c’est le cas, vous vous demandez peut-être pourquoi ces difficultés persistent.
Parmi les causes possibles, il y a la dysorthographie.
En tant qu’orthophoniste, c’est un diagnostic que je pose régulièrement lors de mes évaluations. Pourtant, il demeure encore peu connu du grand public.
Dans cet article, je vous explique ce qu’est la dysorthographie, comment elle peut se manifester chez un adolescent ou un jeune adulte et pourquoi ces difficultés persistent dans le temps.
La dysorthographie est un trouble de l’apprentissage de l’écriture.
Autrement dit, la personne éprouve des difficultés à apprendre à bien écrire
Attention : il ne s’agit pas d’une difficulté qui dure quelques mois, ou même quelques années, puis qui finit par disparaître.
Ce n’est pas une situation où, après un certain temps, on apprend à lire et à écrire comme les autres. C’est peut-être pour cette raison que votre adolescent ou votre jeune adulte a encore de la difficulté à écrire aujourd’hui.
Une question revient souvent, particulièrement chez les familles immigrantes ou les jeunes multilingues.
Les difficultés sont-elles liées à l’apprentissage d’une deuxième langue ou à une dysorthographie?
Les études sont très claires : en ce qui concerne les troubles d’apprentissage, les troubles du langage, les jeunes bilingues et multilingues sont à la fois sous-diagnostiqués et surdiagnostiqués.
Autrement dit, certains jeunes reçoivent à tort un diagnostic, alors que leurs difficultés sont simplement liées à l’apprentissage d’une deuxième langue. À l’inverse, d’autres présentent réellement une dysorthographie, mais leur trouble passe inaperçu parce que leurs difficultés sont attribuées au fait qu’ils apprennent le français. Les deux situations existent.
Alors, comment faire la différence? Ce n’est pas simple. Par contre, il existe plusieurs questions qui peuvent nous orienter.
Par exemple :
Ces questions peuvent être utiles aux parents, aux enseignants et aux autres intervenants pour mieux comprendre la situation.
Elles permettent d’orienter la réflexion et d’aider à déterminer si le jeune pourrait bénéficier d’une évaluation en orthophonie pour mieux comprendre la nature de ses difficultés, faire la part des choses entre un trouble d’apprentissage et les effets de l’apprentissage d’une deuxième langue, puis mettre en place le soutien le plus adapté à sa situation.
La dysorthographie n’est pas un manque d’efforts, de motivation d’attention.
Ce n’est pas de la paresse.
Et ce n’est pas, à elle seule, une conséquence de l’apprentissage d’une deuxième langue.
Il peut y avoir des erreurs d’orthographes et des difficultés à écrire quand on apprend une deuxième langue. En général, elles sont différentes des erreurs et difficultés qui sont en lien avec une dysorthographie.
Lorsque les difficultés d’écriture persistent pendant plusieurs années, elles peuvent avoir des répercussions importantes.
Je pense à ces adolescents et à ces jeunes adultes qui ont faits plusieurs essais pour réussir.
Ils ont repris des examens.
Ils ont suivi plusieurs cours d’été.
Ils ont reçu du tutorat.
Parfois, lorsqu’ils étaient plus jeunes, ils ont également reçu des services en orthophonie ou en orthopédagogie.
Malgré tous ces efforts, certains ne réussissent pas un cours essentiel et n’obtiennent pas leur diplôme du secondaire ou leur diplôme du cégep.
D’autres réussissent tout de même leurs cours.
Ils obtiennent 60 % ou 65 %.
Mais cette réussite vient souvent avec énormément d’efforts.
Les efforts que j’observe le plus souvent sont les suivants :
Tous ces efforts permettent parfois au jeune de réussir.
Mais est-ce que cela veut dire que les difficultés ont disparu?
Si l’on parle de dysorthographie, la réponse est non.
Les difficultés sont toujours présentes. Cette réussite est souvent obtenue au prix d’un grand effort, qui s’accompagne parfois de beaucoup de stress.
Lors de l’évaluation en orthophonie, je pose également des questions sur les antécédents familiaux.
Par exemple :
Il est fréquent que l’on retrouve des difficultés semblables chez plusieurs membres d’une même famille.
On sait aujourd’hui que la dysorthographie comporte une composante génétique. Elle est également liée à des particularités dans le fonctionnement de certaines régions du cerveau impliquées dans le langage.
La dysorthographie ne commence pas à l’adolescence.
C’est un trouble qui est présent depuis l’enfance. Des signes sont aussi présents depuis la petite enfance.
Un jeune enfant qui a pris plus de temps pour commencer à parler et qui se fait moins bien comprendre car il mélange les sons quand il parle? Il peut être plus à risque de présenter une dysorthographie. Cet enfant présente possiblement un trouble des sons de la parole.
Lorsque je rencontre un adolescent ou un jeune adulte en évaluation, c’est pour cela que je m’intéresse toujours à son développement lorsqu’il était plus jeune.
Attention, cela ne veut pas dire que tous les enfants qui présentent des difficultés avec les sons de la parole ou qui commencent à parler plus tard qui développeront une dysorthographie.
Cela dépend, entre autres, de l’origine de ces difficultés.
Par contre, ce sont des éléments qui peuvent faire partie de l’histoire développementale de certains jeunes ayant une dysorthographie.
Selon les études, la dysorthographie toucherait entre 7 % et 15 % de la population.
Même si elle est relativement fréquente, ce trouble demeure encore peu connu.
Il n’est donc pas rare que des adolescents ou de jeunes adultes consultent seulement plusieurs années après le début de leurs difficultés.
La dysorthographie est un trouble d’apprentissage de l’écriture qui persiste dans le temps.
Ce n’est pas un manque d’efforts.
Ce n’est pas un manque de motivation.
Ce n’est pas simplement lié au fait d’apprendre une deuxième langue.
Si votre adolescent ou votre jeune adulte présente encore d’importantes difficultés en écriture malgré les années de scolarité, une évaluation en orthophonie peut permettre de mieux comprendre la nature de ses difficultés.
Au-delà du diagnostic, elle permet de mettre en lumière ses forces, de mieux comprendre son profil et de formuler des recommandations adaptées à sa situation. Elle peut également permettre d’obtenir des mesures d’accommodement, lorsque celles-ci sont indiquées.
Découvrez comment se déroule une évaluation chez Gianna Métellus Orthophonie
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