Gianna Métellus Orthophonie

Difficultés à comprendre ce qu’on lit : que faire?

Un jeune reçoit du soutien en compréhension de lecture

août 27, 2026 Difficultés à comprendre ce qu’on lit: que faire? Gianna Métellus, orthophoniste DansGianna Métellus, orthophoniste, Orthophonie et aprrentissages, Orthophonie et inclusion, Orthophonie: secondaire, cégep, adultes Un jeune reçoit du soutien en compréhension de lecture La compréhension en lecture est importante à l’école, mais pas seulement. Elle nous accompagne aussi dans les études, au travail et dans de nombreuses situations de la vie quotidienne. Au Québec, 48 % de la population n’atteint pas le niveau 3 de littératie. Ce niveau correspond, entre autres, à la capacité de comprendre des textes longs et complexes. Les compétences en littératie sont également associées à des différences sur le plan du revenu. Alors, que peut-on faire lorsqu’un enfant, un adolescent ou même un adulte a de la difficulté à comprendre ce qu’il lit? Une chose importante à retenir est que la compréhension en lecture ne se travaille pas seulement en répondant à des questions après avoir lu un texte. On commence à soutenir la compréhension avant même la lecture. On poursuit ce travail pendant et après la lecture. Voici concrètement quelques stratégies que j’utilise en orthophonie. Difficultés de compréhension en lecture : quelles peuvent être les causes? Avoir de la difficulté à comprendre un texte ne signifie pas nécessairement qu’une personne présente un trouble. Les difficultés peuvent être passagères. Dans d’autres situations, elles sont présentes depuis longtemps, parfois depuis les premières années scolaires, et persistent malgré les efforts. Elles peuvent alors être associées à différents troubles, notamment au trouble développemental du langage (TDL), à l’autisme ou au trouble de la communication sociale. J’aborde plus en détail différentes causes possibles dans mon article: Difficultés de compréhension en lecture : 5 causes possibles. Quelle que soit la situation, différentes stratégies peuvent être utilisées pour soutenir la compréhension. Comment travailler la compréhension en lecture avant de lire? Le travail peut commencer avant même d’ouvrir le texte. Prenons un exemple concret. Dans ma vidéo sur la compréhension en lecture, j’utilise un texte destiné à des élèves de 6e année qui porte sur les marsupiaux. Les stratégies présentées peuvent toutefois être adaptées à des enfants plus jeunes, à des adolescents et même à des adultes. Avant de lire, je présente différentes images : un kangourou, un koala, un opossum et un wallaby. On peut alors discuter ensemble : qu’est-ce que ces animaux ont en commun? Qu’est-ce qu’un marsupial? Qu’est-ce qui est particulier chez la femelle? Je peux montrer la poche du kangourou et expliquer concrètement que la femelle possède une poche au niveau du ventre dans laquelle se trouve son bébé. On commence ainsi à travailler des connaissances et du vocabulaire qui aideront ensuite à comprendre le texte. Cette préparation peut aussi prendre la forme d’un jeu. Je peux demander de trouver le kangourou, le koala, le bébé kangourou ou l’opossum parmi différentes images. Si la personne ne trouve pas la réponse, je l’aide. Ce n’est pas un examen. Nous sommes là pour apprendre et pour le faire dans le plaisir. En réalité, on n’a pas toujours le temps de préparer tout ce matériel avant la lecture. Ce n’est pas grave. On peut aussi travailler la compréhension pendant la lecture. Comment améliorer la compréhension pendant la lecture? Pendant la lecture, j’aime utiliser une approche très simple : chacun son tour. Je commence souvent moi-même. Cela me permet de montrer à voix haute ce qui se passe dans ma tête lorsque j’essaie de comprendre une phrase. Prenons cette phrase : « La principale caractéristique des marsupiaux est que la femelle possède une poche abdominale dans laquelle vit son petit pendant plusieurs mois après sa naissance. » Plutôt que de simplement la lire et de continuer, je m’arrête. « Abdominale » me fait penser au mot « abdomen ». Je sais que l’abdomen, c’est le ventre. Une poche abdominale est donc une poche au niveau du ventre. Je peux aussi m’arrêter sur « dans laquelle ». À quoi « laquelle » fait-il référence? À la poche abdominale. Ce type de raisonnement peut se faire de manière assez automatique pour moi. Je vais donc le rendre explicite : je verbalise ce qui se passe dans ma tête pour aider la personne à comprendre comment je m’y prends pour comprendre le texte. Graduellement, cela peut l’aider à faire la même chose. Quelles stratégies peuvent aider à mieux comprendre un texte? Utiliser des images, des gestes et des exemples Dans l’exemple des marsupiaux, je peux montrer l’image d’un bébé wallaby dans la poche de sa mère pour rendre le concept de « poche abdominale » plus concret. J’utilise beaucoup le visuel, les gestes et les explications. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’avoir préparé toutes les images à l’avance. Au besoin, on peut prendre quelques instants pendant la lecture pour chercher une image qui aidera à comprendre. Faire des pauses et discuter du texte Après une phrase, je fais une pause et je laisse quelques secondes à la personne pour réagir. Elle peut faire un commentaire, poser une question ou montrer spontanément ce qu’elle a compris. C’est dans cette discussion que je peux mieux comprendre ce qu’elle a saisi et apporter les explications dont elle a besoin. Si elle ne réagit pas spontanément, je peux poser une question pour l’aider à prendre son tour de parole. Aider la personne à expliquer ce qu’elle comprend Prenons une autre phrase : « Les petits des marsupiaux sont très peu développés à la naissance. » Je peux demander : « Très peu développés, qu’est-ce que tu penses que ça veut dire? » Si c’est difficile, je peux proposer des choix : est-ce que le bébé marsupial est très grand lorsqu’il naît ou est-ce qu’il est tout petit, minuscule? Oui, j’ai presque donné la réponse. Et c’est correct : nous sommes en train de nous entraîner à comprendre, pas de passer un examen. Je veux aussi encourager la personne à me dire lorsqu’elle ne comprend pas. Si elle m’arrête pour demander ce qu’est une « larve marsupiale », par exemple, je vais la féliciter. Elle a reconnu qu’un

Difficultés de compréhension en lecture : 5 causes possibles

Les difficultés de compréhension de lecture sont invisibles.

Difficultés de compréhension en lecture : 5 causes possibles août 19, 2026 Gianna Métellus, orthophoniste DansGianna Métellus, orthophoniste, Orthophonie et aprrentissages, Orthophonie et inclusion, Orthophonie: secondaire, cégep, adultes Les difficultés de compréhension de lecture sont invisibles. Vous avez tout essayé : surligner les mots-clés, réexpliquer les questions, relire le texte, revoir les stratégies… Malgré tout, comprendre ce qui est lu demeure difficile pour votre enfant, votre adolescent ou même pour vous en tant qu’adulte. Pourquoi? Deux personnes peuvent présenter des difficultés de compréhension en lecture qui se ressemblent, mais pour des raisons différentes. Le bilinguisme ou le multilinguisme, la dyslexie, le trouble développemental du langage (TDL), l’autisme et le trouble de la communication sociale peuvent tous avoir un impact sur la compréhension en lecture, mais pas de la même manière. Comprendre la cause des difficultés permet de mieux cibler les interventions et de déterminer s’il serait pertinent de procéder à une évaluation en orthophonie. 1. Bilinguisme et multilinguisme : quand lire dans une langue seconde demande plus d’efforts Une personne bilingue ou multilingue peut avoir plus de difficulté à comprendre un texte lorsqu’elle lit dans une langue qu’elle maîtrise moins bien. Par exemple, un jeune peut fréquenter l’école en français au Québec alors que sa langue dominante est une autre langue. Il peut alors : connaître moins de mots en français; comprendre moins facilement certaines phrases; avoir plus de difficulté avec les expressions; avoir besoin de davantage de connaissances sur le contexte pour faire certaines inférences.   Tout cela peut rendre la compréhension en lecture plus difficile. L’apprentissage d’une langue seconde prend du temps. Il faut généralement environ 2 à 3 ans pour développer une compétence conversationnelle dans une langue seconde, alors qu’il peut falloir de 5 à 7 ans pour l’utiliser efficacement à l’école. Cependant, cela ne signifie pas qu’il faut simplement attendre. On peut notamment enseigner explicitement le vocabulaire, les phrases, les expressions et les inférences. Prenons un exemple. Un texte mentionne que des feuilles jaunes et orange sont tombées sur le sol. Le texte ne dit jamais explicitement que l’histoire se déroule à l’automne. Pour le comprendre, le lecteur doit combiner les informations du texte avec ses connaissances : au Québec, les feuilles deviennent jaunes et orange et tombent des arbres à l’automne. Ce type d’inférence peut être enseigné explicitement. Il est aussi important de suivre l’évolution des difficultés. Chez les personnes bilingues et multilingues, il existe un risque de sous-diagnostic comme de surdiagnostic : on peut attribuer à l’apprentissage d’une langue seconde des difficultés qui ont une autre origine ou, à l’inverse, interpréter comme un trouble des difficultés qui s’expliquent par le développement de cette langue. Lorsque les difficultés ont des impacts importants sur le parcours scolaire, il n’est donc pas nécessairement souhaitable d’attendre avant de commencer à les documenter ou d’envisager une évaluation. 2. Dyslexie : lorsque le décodage mobilise beaucoup d’énergie La dyslexie est un trouble spécifique des apprentissages qui entraîne des difficultés persistantes en lecture. Chez une personne dyslexique, décoder les mots peut demander beaucoup de temps et d’efforts. Elle peut donc consacrer tellement de ressources à identifier les mots et à lire les phrases qu’il lui reste moins d’énergie mentale disponible pour comprendre ce qu’elle vient de lire. Dans ce cas, les difficultés de compréhension ne signifient pas nécessairement que la personne comprend mal le vocabulaire ou les phrases lorsqu’elle les entend. Le problème peut se situer principalement au niveau de la lecture elle-même. Selon les besoins de la personne, différentes interventions peuvent être pertinentes, notamment un enseignement de la lecture adapté à son profil. Des outils technologiques, comme la synthèse vocale, peuvent également permettre de contourner certaines difficultés de décodage et de faciliter l’accès au contenu du texte. Il faut toutefois garder une nuance importante : avoir une dyslexie n’empêche pas de présenter également d’autres difficultés pouvant affecter la compréhension. 3. Trouble développemental du langage (TDL) : quand les difficultés de langage oral se retrouvent à l’écrit Le trouble développemental du langage, ou TDL, touche le développement du langage oral. Selon le profil de la personne, les difficultés peuvent concerner la compréhension ou l’expression. Une personne présentant un TDL peut avoir de la difficulté à : comprendre certains mots; comprendre des consignes ou des explications; comprendre certaines structures de phrases; raconter ou expliquer clairement quelque chose; utiliser un vocabulaire précis; formuler des phrases précises. Lorsque le TDL touche la compréhension orale, il peut également avoir des conséquences importantes sur la compréhension en lecture. Après tout, pour comprendre un texte, il faut comprendre les mots et les phrases qui le composent. Même lorsque les difficultés touchent davantage l’expression, elles peuvent avoir un impact dans une tâche de compréhension en lecture. Par exemple, un élève peut avoir compris une partie de ce qu’il a lu, mais avoir de la difficulté à formuler une réponse suffisamment précise pour montrer sa compréhension. L’intervention peut alors cibler directement différentes composantes du langage : enrichir le vocabulaire, approfondir la connaissance des mots, travailler différentes structures de phrases ou encore apprendre à mieux comprendre certains pronoms et les mots auxquels ils font référence. Et oui, une personne bilingue ou multilingue peut également présenter un TDL. Les deux réalités ne s’excluent pas. 4. Autisme : un profil de compréhension qui peut être différent Les personnes autistes présentent des différences ou des difficultés sur le plan des interactions et de la communication sociales. Elles présentent également des intérêts spécifiques, des comportements répétitifs, des rituels ou certaines rigidités. En lecture, les personnes autistes peuvent présenter un profil de compréhension particulier. Dans ma pratique, j’observe parfois des différences entre le vocabulaire qu’elles peuvent exprimer (plus élevé) et celui qu’elles comprennent, ainsi qu’un développement du vocabulaire qui peut être atypique. Des difficultés à comprendre les éléments suivants sont également présents : les expressions; des informations implicites; les intentions ou les perspectives des personnages; des inférences (ce qui doit être compris « entre les lignes »). Lorsque ce type de raisonnement est difficile, il peut être utile de rendre le processus beaucoup plus

L’importance du travail d’équipe en orthophonie

Quand les outils ne suffisent plus : L’importance du travail d’équipe en orthophonie octobre 29, 2025 Gianna Métellus, orthophoniste DansAider son enfant à parler (communiquer) au quotidien, Autisme, Gianna Métellus, orthophoniste, Orthophonie et aprrentissages, Orthophonie et inclusion, Orthophonie: primaire, Orthophonie: secondaire, cégep, adultes Illustration montrant le rôle des parents, de l’orthophoniste et des intervenants dans le travail d’équipe en orthophonie. L’orthophonie, ce n’est pas une histoire individuelle C’est une collaboration entre parents, professionnels et enfant, où chaque rôle compte. Lorsque des parents me contactent pour une évaluation ou un suivi en orthophonie, ils ne savent pas toujours à quoi s’attendre. Souvent, ils imaginent une orthophoniste qui va travailler directement avec leur enfant pour l’aider à mieux parler, mieux comprendre ou mieux apprendre. Ce n’est pas complètement faux.Mais c’est loin d’être la seule partie de mon travail. Je vois mon travail d’orthophoniste comme une histoire d’équipe. Chaque famille, chaque milieu, chaque enfant forme une équipe différente. Et dans cette équipe, chacun a un rôle à jouer.  Comprendre le rôle de chacun dans le travail d’équipe en orthophonie Les parents sont les capitaines. Ils connaissent leur enfant mieux que quiconque, partagent leurs inquiétudes, leurs espoirs, leurs observations. Ils transmettent aussi des informations précieuses sur les progrès et les difficultés vécues au quotidien. Un rôle essentiel de l’orthophoniste est celui de conseillère.Ses observations et analyses aident à comprendre le profil, à identifier les forces et les besoins, ainsi que les interventions et adaptations appropriées. Elle fournit des outils et des stratégies, mais surtout, elle accompagne l’équipe pour que chacun puisse les utiliser efficacement. Autour, il y a d’autres membres d’équipage : enseignants, éducateurs, intervenants, fratrie, grands-parents… Tous participent, chacun à leur façon, à soutenir le développement langagier et communicationnel de l’enfant. Le travail d’équipe commence dès l’évaluation La collaboration commence dès la toute première étape : l’évaluation. Quand j’évalue un enfant ou un jeune, je ne me contente pas de donner un diagnostic. Je dresse un portrait complet, qui permet de mieux le comprendre. Dans le plan d’intervention qui est également fourni, les stratégies, c’est-à-dire les actions quotidiennes qui lui conviennent, sont décrites. Je présente les options et les recommandations, pour que les parents puissent comprendre ce qu’ils peuvent faire pour faire une différence positive. Si le suivi se poursuit avec moi, un cadre est posé, afin de se donner le plus de moyens d’atteindre nos objectifs. Des hypothèses sont posées, des essais sont faits, des ajustements sont apportés. Cela, au rythme de l’enfant et de son entourage. Le mythe de la baguette magique en orthophonie Il existe encore cette idée que l’orthophoniste « règle » les problèmes.Que son travail est de « corriger » l’enfant, comme on répare quelque chose de brisé.Mais le langage, ce n’est pas mécanique. Dans le cadre d’un cours (en santé publique) de ma seconde maîtrise, on m’a enseigné que les troubles du langage font partie des conditions les plus complexes à traiter. On ne peut pas « guérir », les troubles du langage. Par contre, l’intervention est efficace et permet l’amélioration du langage, de la communication, des apprentissages. Ce qui soutient ces progrès, c’est une équipe engagée, mobilisée et constante dans ses efforts. Pourquoi la collaboration est essentielle Chaque année, l’équipe autour de l’enfant change.Un nouvel enseignant, un nouveau groupe, de nouveaux contextes.Et parfois, il faut tout recommencer. C’est pour cela qu’il est essentiel d’avoir une compréhension partagée des besoins de l’enfant. Quand tout le monde avance dans la même direction, avec les mêmes repères et les mêmes stratégies, cela facilite les progrès. J’espère que cet article de blogue a contribué à transformer votre vision de l’orthophonie. J’aimerais vous entendre à ce sujet! Vous pouvez vous exprimer directement dans les commentaires. À propos de Gianna Métellus, orthophoniste Orthophoniste depuis plus de 13 ans, j’aide les enfants, les adolescents et les adultes à mieux comprendre les difficultés qui touchent le langage, la communication, la lecture et l’écriture. Je réalise des évaluations orthophoniques et j’offre également des formations, des ateliers et des conférences destinés aux parents et aux intervenants.  À travers ce blogue, je partage des informations fiables, pratiques et fondées sur les données probantes afin de rendre l’orthophonie plus accessible. Catégories populaires Aider son enfant à parler (communiquer) au quotidienAutismeGianna Métellus, orthophonisteOrthophonie et aprrentissagesOrthophonie et inclusionOrthophonie: primaireOrthophonie: secondaire, cégep, adultes Laisser un commentaire Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec * Annuler la réponse Connexion en tant que admin. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message*

Comment l’autisme affecte-t-il le développement du langage chez les jeunes enfants?

Tempête de neige Comment l’autisme affecte-t-il le développement du langage chez les jeunes enfants? octobre 24, 2024 Gianna Métellus, orthophoniste DansAutisme, Gianna Métellus, orthophoniste parents et enfants dans la neige L’orthophonie, ce n’est pas une histoire individuelle C’est une collaboration entre parents, professionnels et enfant, où chaque rôle compte. À propos de l’autrice Je suis orthophoniste depuis plus de 12 ans et j’ai eu la chance de travailler avec diverses clientèles dans plusieurs milieux. Une constante: mon désir de voir mes clients progresser rapidement et efficacement. Mon constat: des parents bien outillés ont un impact significatif sur la communication et le langage de leur enfant. Catégories populaires AutismeGianna Métellus, orthophoniste Laisser un commentaire Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec * Annuler la réponse Connexion en tant que admin. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Références Services d’évaluation Self-Advocacy Education Understanding Self-Advocacy Lorsqu’on observe des différences dans la communication de son enfant par rapport à d’autres enfants, différentes émotions peuvent nous submerger. Ça peut être l’espoir de voir son enfant s’exprimer comme les autres enfants. Vous pourriez également avoir des craintes quant à l’avenir de votre enfant ou encore, être déterminé à mettre tout en œuvre pour aider votre enfant. De multiples questions peuvent vous traverser l’esprit. L’une d’entre elles peut être : est-ce que mon enfant est autiste?  Qu’est-ce que l‘autisme? On parle de trouble d’autisme lorsqu’on observe des difficultés sur le plan de la communication sociale et des interactions sociales. D’un point de vue externe, on observe également des intérêts spécifiques, des rituels des comportements répétitifs ou des rigidités[1]. Mais concrètement, quels signes pouvons-nous observer chez un enfant autiste? Voici quelques exemples. Signes de difficultés communicatives ou langagières chez un enfant autiste Défis dans la communication sociale et les interactions L’enfant ne regarde pas son parent ou l’interlocuteur. L’enfant regarde son parent ou l’interlocuteur, mais le fait furtivement ou moins souvent que d’autres enfants de son âge. L’enfant ne pointe pas, ou il pointe parfois pour attirer l’attention, mais moins souvent qu’un enfant de son âge L’enfant semble plus intéressé aux objets ou à des activités sensorielles (ex. : courir, sauter, jouer avec de l’eau…) qu’à entrer en relation avec d’autres enfants ou adultes. L’enfant fait de l’écholalie : il répète ce que l’autre vient de dire ou des mots ou des phrases entendues précédemment, sans toutefois en comprendre le sens. L’enfant a de la difficulté à participer à une conversation, il se concentre principalement sur ses sujets d’intérêt. L’enfant a des difficultés à comprendre Autres observations possibles Ouvrir / fermer la lumière à répétition Aligner des objets à répétition, des voitures par exemple Agiter des objets devant les yeux Vivre des difficultés lors des transitions ou de changements dans la routine Ne pas tolérer plusieurs aliments, ce qui peut impliquer des restrictions importantes sur le plan de l’alimentation. Ce n’est pas parce que votre enfant présente un ou quelques-uns de ces signes qu’il est autiste. Toutefois, si vous vous inquiétez pour votre enfant et que vous le reconnaissez dans ce que vous lisez, vous pouvez commencer à chercher de l’aide, que ce soit en l’évaluant pour avoir un diagnostic précis ou en consultant une orthophoniste spécialisée pour commencer à agir le plus rapidement possible pour soutenir son langage et sa communication. Le développement du langage et de la communication chez les enfants autistes Parlons plus spécifiquement du langage et de la communication chez un enfant autiste ou qui pourrait obtenir un diagnostic de trouble de spectre de l’autisme. À quoi peut-on s’attendre en matière de développement du langage et de la communication? Évolution du langage de 3 à 7 ans Selon les données disponibles dans la littérature scientifique, 50 à 60 % des enfants autistes sont non verbaux ou parlent minimalement vers 3 ans. Vers l’âge de 6 ou 7 ans, 60 à 80 % des enfants autistes développent un langage expressif et réceptif, à des niveaux proches des enfants neurotypiques. Pendant cette période de 3 à 7 ans, de multiples trajectoires langagières sont observées. On peut avoir des progrès constants plutôt lents ou une courbe d’apprentissage très rapide L’importance de l’écholalie dans l’apprentissage  Souvent, pendant cette période, on observe que l’enfant fait de l’écholalie. L’enfant répète ce qu’il entend, sans nécessairement en comprendre le sens. Il est alors en train d’apprendre. Il ne faut pas essayer d’éliminer l’écholalie. Au contraire, il s’agit d’un outil précieux d’apprentissage qu’il faut utiliser judicieusement. En comprenant ce que votre enfant tente de communiquer, vous pourrez lui donner le bon modèle, dans ses mots à lui. Il finira par comprendre et éventuellement, il utilisera les bons mots de manière spontanée. Le développement langagier n’est pas parfaitement compris, ce même parmi les experts. Ce que l’expérience clinique indique, c’est que chaque enfant aura un développement langagier ou communicatif différent. Certains enfants davantage les gestes, les signes ou les images pour s’exprimer. D’autres pourraient parler un peu plus. Que faire si votre enfant autiste présente des retards de langage? Importance de l’intervention précoce Il est crucial de commencer à agir le plus tôt possible, afin d’aider son enfant autiste ou qui pourrait l’être à mieux communiquer, comprendre et s’exprimer. Dès les premières années de vie de son enfant, on peut mettre en place des interventions qui lui permettront de progresser plus rapidement vers son plein potentiel communicationnel. Ses interventions impliquent : De comprendre les besoins de l’enfant pour l’aider de manière bienveillante et respectueuse D’observer et d’écouter l’enfant, même lorsque sa manière d’agir est difficile à comprendre De mieux comprendre ce qu’il exprime de manière intentionnelle ou non intentionnelle, pour ainsi lui donner le soutien nécessaire pour améliorer sa communication À qui s’adresser L’orthophoniste est le professionnel spécialiste des troubles du langage et de la communication. Comme orthophoniste, je peux vous aider à établir un portrait de la communication de votre enfant et mettre en place les meilleures interventions pour aider votre enfant à progresser. Je privilégie le coaching parental. À

L’impact de la pandémie sur le langage des tout-petits : ce que nous avons appris.

L’impact de la pandémie sur le langage des tout-petits Ce que nous avons appris. septembre 24, 2024 Gianna Métellus, orthophoniste DansAider son enfant à parler (communiquer) au quotidien, Autisme, Gianna Métellus, orthophoniste parents et enfants dans la neige L’orthophonie, ce n’est pas une histoire individuelle C’est une collaboration entre parents, professionnels et enfant, où chaque rôle compte. À propos de l’autrice Je suis orthophoniste depuis plus de 12 ans et j’ai eu la chance de travailler avec diverses clientèles dans plusieurs milieux. Une constante: mon désir de voir mes clients progresser rapidement et efficacement. Mon constat: des parents bien outillés ont un impact significatif sur la communication et le langage de leur enfant. Catégories populaires Aider son enfant à parler (communiquer) au quotidienAutismeGianna Métellus, orthophoniste Laisser un commentaire Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec * Annuler la réponse Connexion en tant que admin. Modifier votre profil. Se déconnecter ? Les champs obligatoires sont indiqués avec * Message* Références Services d’évaluation Self-Advocacy Education Understanding Self-Advocacy Septembre 2024. Il fait beau et chaud, les terrasses sont bondées! Les parcs aussi, les enfants jouent avec insouciance avec d’autres enfants et avec leurs parents. Que du bonheur. En 2020 et en 2021, en pleine pandémie du coronavirus, nous n’en étions pas là. Entre le masque obligatoire et les périodes de confinement, nos manières d’interagir ont été transformées, et ce pendant de longs mois. L’impact de la pandémie sur le développement des enfants : ce que disent les chercheurs Plusieurs croient que cette période a eu un impact négatif sur la capacité de parler des jeunes enfants, en raison du port du masque. En effet, lorsqu’un bout de tissu couvre la moitié de notre visage et nos lèvres, comment les enfants peuvent-ils bien percevoir le mouvement des articulateurs pour les aider à apprendre à parler ? Comment peuvent-ils bien entendre les sons, les mots et les phrases pour les aider à bien développer leur langage ?   Les chercheurs n’ont pas attendu pour étudier la question. Dès 2022, on observait que la pandémie du coronavirus a eu un impact négatif sur les habiletés langagières de nos tout petits. Et pas que! D’autres aspects développementaux ont également été affectés.   Ainsi, aux mêmes tests évaluant les capacités verbales, non verbales et cognitives, les enfants nés durant la pandémie ont eu des résultats significativement moins élevés que les enfants nés durant la pandémie.   Toutefois, le principal coupable n’est pas celui que vous croyez.   Le masque : Le principal coupable ? Le rôle du masque dans la perception de la parole Le masque a été un outil important pour limiter la propagation du coronavirus. Par contre, il agissait comme un filtre atténuant certaines fréquences (fréquences hautes) de la parole de celui qui le portait. La dégradation de la parole qui en résultait, en combinaison avec le bruit ambiant, la réverbération dans une pièce ainsi que l’absence d’indices visuels (le mouvement des lèvres et des articulateurs), faisaient en sorte que plusieurs ne pouvaient comprendre une personne qui portait un masque. Pour limiter le plus possible ces impacts négatifs, l’OOAQ recommandait d’ailleurs le port du masque à fenêtre translucide pour tout le personnel du réseau de l’éducation, lorsque le port du masque était obligatoire. La diminution des interactions de qualité : le facteur clé Malgré l’impact du port du masque sur la parole, ce n’est pas ce dernier qui a eu l’impact le plus important sur les capacités verbales, non verbales et même cognitives des jeunes enfants. En effet, les chercheurs ont analysé plusieurs facteurs qui pouvaient expliquer la différence entre les résultats des enfants nés avant la pandémie et ceux nés après. Le facteur qui expliquait cette différence significative ? La diminution d’interactions de qualité. Dans un contexte pandémique où nos habitudes ont été grandement bouleversées, et ce soudainement, la socialisation a été réduite et le temps d’écran accordé aux enfants a explosé. On a ainsi observé que les jeunes bébés avaient moins de chance de participer à des interactions de qualité et qu’ils vocalisaient moins. Ils avaient moins la chance de prendre leur tour de parole dans une conversation. Car oui, même un enfant qui parle peu ou pas peut participer activement dans une conversation. Pourquoi les interactions sociales sont essentielles au développement du langage Plus on interagit avec un enfant, plus son cerveau sera stimulé et plus il se développera. Plus on interagit avec l’enfant, plus il est exposé à une quantité importante de mots et de phrases, et plus son langage se développera. * 6 astuces pour favoriser un développement langagier harmonieux En tenant compte de cette expérience collective (non désirée), quels changements peut-on adopter dans notre quotidien afin de favoriser un développement harmonieux de nos jeunes grâce à des interactions quotidiennes de qualité ? Voici 6 astuces à intégrer dans votre quotidien :   Passez le plus de temps possible avec vos enfants. Le plus possible, soyez face à vos enfants, à leur hauteur. Soyez à l’écoute de vos jeunes.Intéressez-vous à ce qui les intéresse. Répondez avec enthousiasme aux messages qu’il vous transmet. Diminuez le plus possible l’exposition de vos enfants aux écrans.   Instaurer des interactions de qualité avec leurs parents et leur entourage est une étape cruciale de l’accompagnement que j’offre aux enfants. En effet, lorsqu’un enfant vit des difficultés langagières, ou lorsqu’il semble ne pas vouloir interagir ou communiquer avec ses parents ou d’autres enfants, il peut être difficile de mettre en place ces stratégies, qui ne sont pas nécessairement intuitives. Elles sont pourtant essentielles.   * Source des données : Dr Sean Deoni. Impact of the COVID-19 Pandemic on Child Development: Perspectives on Language Development and Early Child Intervention Présentation: 12 octobre 2022. Contactez-moi pour un soutien personnalisé Si votre enfant a des difficultés sur le plan du langage, je peux vous aider ! Mon approche centrée sur le coaching parental est efficace pour aider les enfants ayant des difficultés à parler plus et mieux, mais aussi à mieux comprendre. Pour en apprendre davantage, restez à l’affût de mes contenus