Gianna Métellus, orthophoniste
Tom Holland, Whoopi Goldberg, Salma Hayek, Cynthia Wu-Maheux, Danny Glover, Albert Einstein.
Qu’ont-ils en commun?
Ils sont dyslexiques.
Pour certains, comme Whoopi Goldberg, le diagnostic est venu seulement à l’âge adulte.
Pourtant, des signes de la dyslexie peuvent être présents très tôt, parfois même dès la petite enfance.
La dyslexie touche environ 5 à 15 % des personnes. Dit très simplement, il s’agit d’une difficulté à apprendre à bien lire qui persiste dans le temps.
Alors, comment peut-elle se manifester?
Voici huit manifestations qui peuvent aider à orienter la réflexion.
Attention : la présence de ces signes ne permet pas, à elle seule, de savoir si une personne est dyslexique.
C’est une distinction qui peut être difficile à faire.
On sait que les personnes bilingues sont à la fois sous-diagnostiquées et surdiagnostiquées.
D’un côté, on peut attribuer à l’apprentissage d’une deuxième langue des difficultés qui sont réellement liées à une dyslexie.
De l’autre, on peut considérer comme des signes de dyslexie des difficultés qui sont normales chez une personne qui apprend à lire dans une nouvelle langue.
Dans ma pratique, j’ai aussi rencontré des personnes immigrantes dont la langue maternelle était le français et dont les difficultés étaient attribuées à leur adaptation dans leur pays d’accueil.
Pourtant, leurs difficultés étaient présentes bien avant l’immigration.
C’est pourquoi il est important de considérer l’ensemble du parcours de la personne, dans toutes ses langues.
Voici donc 8 manifestations de la dyslexie.
Une personne dyslexique peut lire plus lentement et faire davantage d’erreurs lorsqu’elle lit, comparé à quelqu’un de son âge et du même niveau d’éducation.
Sa lecture peut également être plus saccadée. On dira alors qu’elle manque de fluidité.
Une personne dyslexique n’a pas nécessairement de difficulté à comprendre les mots ou les phrases qu’elle lit.
Elle peut avoir une bonne compréhension.
Malgré tout, l’effort nécessaire pour lire peut finir par avoir un impact sur sa compréhension du texte.
Cet impact peut varier d’une personne à l’autre. Parfois, il est important. D’autres fois, il devient plus évident lorsque les textes sont plus longs ou plus complexes.
Avec le temps, les personnes dyslexiques peuvent développer différentes façons de s’adapter à leurs difficultés.
Certaines vont préférer des lectures plus imagées, comme les mangas ou les bandes dessinées. D’autres vont se tourner vers les livres audio.
Une personne dyslexique n’a pas nécessairement de difficulté à comprendre les mots ou les phrases qu’elle lit.
Elle peut avoir une bonne compréhension.
Malgré tout, l’effort nécessaire pour lire peut finir par avoir un impact sur sa compréhension du texte.
Cet impact peut varier d’une personne à l’autre. Parfois, il est important. D’autres fois, il devient plus évident lorsque les textes sont plus longs ou plus complexes.
C’est l’un des signes les plus connus de la dyslexie.
Et il est aussi à l’origine d’un mythe qui persiste : les personnes dyslexiques verraient les lettres à l’envers.
Oui, une personne dyslexique peut mélanger certaines lettres. Mais il ne s’agit pas d’un problème visuel.
Généralement, ces erreurs sont plutôt liées à des difficultés de conscience phonémique, c’est-à-dire l’habileté à manipuler les sons dans les mots.
Par exemple, lors d’une évaluation en orthophonie, une personne pourrait lire « veu » au lieu de « feu » parce qu’elle distingue difficilement les sons /v/ et /f/.
À première vue, on pourrait croire qu’elle a simplement mélangé deux lettres.
La difficulté se situe pourtant au niveau des sons.
Mélanger le « b » et le « d » n’est pas suffisant être dyslexique.
On observe aussi ce phénomène chez beaucoup d’enfants qui commencent à lire et à écrire en première année.
Moi-même, je me souviens l’avoir fait.
C’est avec l’apprentissage de la lecture que le cerveau apprend progressivement que ces deux symboles sont différents et qu’ils correspondent à des sons différents.
Avant 5 ou 6 ans, un enfant ne lit généralement pas encore.
Par contre, il parle.
Chez plusieurs personnes dyslexiques, des difficultés touchant les sons de la parole étaient déjà présentes pendant la petite enfance.
Par exemple, l’enfant peut avoir pris plus de temps pour commencer à parler. Il peut également avoir été plus difficile à comprendre parce qu’il transformait davantage les sons dans les mots que les autres enfants de son âge.
Il est possible que cet enfant ait présenté un trouble développemental des sons de la parole.
Les difficultés peuvent ensuite s’améliorer. Cependant, si des faiblesses sur le plan de la conscience phonémique sont à l’origine de ces dernières, une dyslexie est alors possible lors de l’apprentissage de la lecture.
La dyslexie évolue avec le temps.
La qualité de l’enseignement reçu, le soutien offert pendant le parcours scolaire et les adaptations mises en place peuvent faire une grande différence.
Par contre, les difficultés ne disparaissent pas complètement.
Une personne dyslexique peut éventuellement bien lire, mais cela peut continuer à lui demander davantage d’efforts et entraîner plus de fatigue.
Avec les années, les manifestations peuvent être plus subtiles.
Elles sont néanmoins toujours présentes.
Cette manifestation est particulièrement importante chez les personnes bilingues et multilingues.
Chez une personne dyslexique, les difficultés sont présentes dans toutes les langues.
Attention : cela ne veut pas dire qu’elles se manifestent exactement de la même manière.
Une personne peut avoir beaucoup plus de facilité à lire dans une langue que dans une autre.
Cela dépend notamment de l’enseignement reçu, de l’utilisation de chacune des langues et des caractéristiques propres à celles-ci.
Prenons le créole, une de mes langues maternelles.
Le créole est une langue très transparente sur le plan des relations entre les sons et les lettres : une lettre correspond presque toujours au même son.
Le français est moins transparent.
Ces différences peuvent contribuer à expliquer pourquoi les difficultés d’une personne dyslexique semblent plus importantes dans une langue que dans une autre.
Une lecture lente, des erreurs persistantes, un manque de fluidité, certaines difficultés avec les sons ou encore une histoire de difficultés présente depuis l’enfance peuvent orienter la réflexion vers une dyslexie.
Mais aucun de ces signes ne permet à lui seul de poser un diagnostic.
Une évaluation professionnelle permet de mieux comprendre la nature des difficultés et de faire la part des choses.
Plusieurs professionnels offrent cette évaluation, dont les orthophonistes.
Si vous souhaitez savoir comment je fonctionne pour les évaluations en orthophonie, vous pouvez consulter mon site Web. Il est également possible de réserver une rencontre d’information afin de déterminer si une évaluation est pertinente pour vous ou pour votre enfant.
Orthophoniste depuis plus de 13 ans, j’aide les enfants, les adolescents et les adultes à mieux comprendre les difficultés qui touchent le langage, la communication, la lecture et l’écriture.
Je réalise des évaluations orthophoniques et j’offre également des formations, des ateliers et des conférences destinés aux parents et aux intervenants.
À travers ce blogue, je partage des informations fiables, pratiques et fondées sur les données probantes afin de rendre l’orthophonie plus accessible.
Catégories populaires
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Conformément à la Loi 25, vos données personnelles sont conservées seulement pour la durée nécessaire aux fins pour lesquelles elles ont été recueillies. Après cette période, elles sont supprimées ou rendues anonymes.