
Dyslexie, dysorthographie, trouble du langage, trouble d’apprentissage: ce n’est pas un manque d’effort.
Quand les efforts ne suffisent plus: l’histoire de Farah
Farah est très nerveuse. C’est aujourd’hui qu’elle reçoit son bulletin. C’est aujourd’hui qu’elle saura si elle a enfin passé son cours de français ou si c’est encore un échec.
Encore un échec, car ce serait maintenant la deuxième fois qu’elle reprend le cours.
Ce n’est pas parce qu’elle ne travaille pas. Elle applique les méthodes de révision et suit les consignes du mieux qu’elle peut.
Pourtant, il y a toujours des fautes qui lui échappent. Ça lui demande énormément de concentration.
Malgré toute cette concentration, elle ne réussit pas.
C’est ce qui lui saute aux yeux lorsque, dans son écran, le E de « échec » s’affiche devant ses yeux, encore une fois.
Elle est découragée.
Ses parents sont déçus, découragés aussi.
La conseillère pédagogique leur avait conseillé de faire une évaluation en orthophonie. Farah est peut-être dysorthographique, et c’est peut-être ça qui explique les difficultés, malgré tous les efforts.
Ils ont préféré attendre. Ils se sont dit : chez nous, en travaillant fort, on est capable de réussir.
Devant cette situation, ils se rendent compte qu’ils doivent essayer autre chose. Les efforts ne suffisent plus.
Ils réussissent à trouver une orthophoniste qui évalue leur fille.
Quand l’orthophonie permet enfin de comprendre ce qui bloque
C’est ainsi que je rencontre la famille. J’écoute leur histoire, qui m’émeut. J’évalue Farah.
Résultats : Farah a une dyslexie et une dysorthographie. Elle a aussi un trouble du langage oral, qui a également un impact sur ses apprentissages.
J’explique à Farah les adaptations possibles et les démarches qu’elle doit faire pour y avoir accès.
Enfin, l’espoir d’avoir son diplôme tant désiré.
J’ai changé les détails. Par contre, cette histoire est réelle.
Ce que je vous présente, c’est une histoire de cas.
Pourquoi une évaluation précoce change la trajectoire scolaire
Et si je vous disais qu’en petite enfance, il était possible de savoir ce qu’il allait arriver à Farah ?
Bon, peut-être pas de prédire son futur. Mais en tout cas, d’avoir une idée des difficultés qu’elle aurait.
Et surtout, de lui offrir du soutien tout au long de sa scolarité pour aider à prévenir ses difficultés ou à s’adapter à elles.
En l’aidant à développer un bon vocabulaire, en l’aidant à faire des phrases plus complexes, en renforçant ses habiletés de conscience phonémique, en travaillant les bases de la lecture et de l’écriture en concordance avec ses besoins et en lui permettant des adaptations (plus de temps à ses examens, ordinateur pour aider à écrire), Farah aurait pu apprendre plus facilement tout au long de sa scolarité.
Comment savoir si votre enfant devrait voir une orthophoniste ?
Les parents de Farah ont fait ce qu’il fallait, compte tenu des outils qu’ils avaient en tant que parents. N’ayant jamais entendu parler de dyslexie ou de dysorthographie — ce trouble qui affecte la capacité à maîtriser l’art d’écrire sans fautes (ou avec peu de fautes) — comment pouvaient-ils se résoudre à enclencher ce processus d’évaluation en orthophonie ?
Je publie cette histoire de cas avec l’autorisation des parents de Farah, afin d’aider d’autres familles qui vivent des difficultés similaires.
Jeunes enfants : développer le langage dès le début
Renseignez-vous. Renseignez-vous sur les actions du quotidien efficaces qui favorisent un bon développement langagier et qui permettent de soutenir les apprentissages de manière bienveillante et efficace. Si vous ou un proche avez des inquiétudes quant au langage d’un enfant, n’attendez pas avant de consulter en orthophonie pour obtenir un portrait juste de la situation et un plan clair pour améliorer le langage. Car c’est sur le langage qu’on construit les apprentissages.
Enfants du primaire : agir sans attendre
Quand on constate des difficultés sur le plan de la lecture et de l’écriture, mieux vaut ne pas attendre avant de se mettre en action. Lorsque les bases de la pyramide des apprentissages sont fragiles, il est plus difficile d’apprendre des choses plus complexes. Il n’est pas nécessaire d’avoir un diagnostic pour mettre de bonnes interventions en place. Par contre, le diagnostic facilite souvent l’obtention de services et permet de préciser le plan d’intervention. Aussi, mieux comprendre ce qui se passe chez son enfant aide à se mobiliser pour sa réussite scolaire.
Étudiants du secondaire ou du cégep : poser un diagnostic pour avoir accès aux bonnes ressources
Si vous n’avez pas de diagnostic clair rendu au cégep, votre jeune n’aura pas droit à des adaptations (ex. : temps supplémentaire, outils technologiques comme la synthèse vocale pour la lecture ou des outils d’aide à l’orthographe). Et cela, même si votre jeune a bénéficié d’un plan d’intervention scolaire et d’adaptations tout au long de son parcours.
J’espère que cet article vous aidera à y voir plus clair pour votre enfant.
Si vous avez des questions ou des commentaires, écrivez-les au bas de l’article. Cela m’aidera à prévoir mes prochains sujets d’articles de blogue !

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